La Une En diagonal Eoliennes. Après leur lettre ouverte au Président de la République, l’Union belliloise et une association quiberonnaise poursuivent leur campagne pour un parc loin des côtes

Eoliennes. Après leur lettre ouverte au Président de la République, l’Union belliloise et une association quiberonnaise poursuivent leur campagne pour un parc loin des côtes

par SRG Salaun
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En juillet dernier, Bernard Genton, président de l’Union belliloise, signait avec Noëlle Bonnetain, présidente de la Fédération de protection et d’aménagement de la baie de Quiberon, une lettre ouverte au Président de la République pour plaider pour un éloignement des côtes du futur parc éolien flottant dit de Bretagne sud, prévu concernant Belle-Ile à une distance d’une vingtaine de kilomètres. Tandis que le délai pour le dépôt des offres par les 10 groupes industriels concurrents pour le projet est en cours (ndlr. jusque fin octobre), et à la veille de l’assemblée générale de l’Ubed du 17 août prochain, Bernard Genton et Noëlle Bonnetain ont bien voulu préciser leur positionnement commun dans un entretien avec Belle-Ile en diagonales.

A la différence d’autres associations, l’Union belliloise et la Fédération de protection et d’aménagement de la baie de Quiberon ne sont pas opposées par principe à la construction de parcs d’éoliennes mais demandent un lieu d’implantation qui n’altère pas les paysages côtiers. D’un point de vue technique, est-il bien réaliste de vouloir des éoliennes flottantes à 70 km des côtes?

B.G: L’argument de la profondeur de la mer quand on s’éloigne des côtes est celui qui nous est le plus souvent opposé. Or il suffit de regarder une carte de bathymétrie pour voir que cet argument n’est pas recevable, car à 80 km selon les endroits on est encore à 100 m ou 80 m de fond, quand les éoliennes flottantes peuvent être ancrées jusqu’à 200 m de fond. En revanche, il y aurait bien un surcoût, qui est estimé par les industriels à entre 2 et 4 millions d’euros par km supplémentaire. Pour sauver un paysage exceptionnel, cela vaut peut-être la peine, non?

Vous avez sollicité de nombreux élus locaux, et même, dernièrement, le Président de la République. Quelles réponses avez-vous reçues ?

B.G: Pour l’instant, concernant les ministères et la préfecture, nous n’avons reçu aucune réponse directe à nos courriers. Nous ne nous attendions d’ailleurs pas à autre chose en plein été et espérons qu’il en sera autrement à la rentrée de septembre. Concernant précisément Belle-Ile, les maires n’ont pour l’instant pas répondu à nos sollicitations. Mais malgré nos divergences, nous sommes en relation avec le député Jimmy Pahun. Et David Lappartient, le président du Conseil départemental, nous a semblé très à l’écoute.

A part au niveau de l’État et au niveau régional, vous semblez donc assez confiants dans les soutiens que vous pourrez trouver…

B.G: Oui, même si la position des maires est parfois ambiguë. Concernant les maires de Belle-Ile, après une période de silence, ils ont bien pris des initiatives pour réclamer comme nous auprès de l’État l’éloignement des éoliennes. Mais d’un autre côté, pour des communes comme Bangor et Sauzon, qui seront les plus impactées visuellement, les compensations financières prévues par la Loi de finances seront importantes. En tous cas, la présidente de la communauté de communes, Annaïck Huchet, a exprimé très clairement son désarroi face à la perspective d’horizons défigurés.

N.B: Évidemment, il y a des intérêts locaux, notamment concernant l’Agglomération de Lorient, dont on a bien compris que les élus vont continuer à soutenir le projet de parc éolien près des côtes afin que leur port serve de base de maintenance. In fine, tout ça ressemble à un compromis médiocre pour répondre aux desiderata des uns et des autres, alors qu’on pourrait faire un projet modèle. Mais il me semble, même si c’est peut-être un peu tard, que les gens commencent à se rendre compte de ce qu’on veut faire de leurs paysages.

Si votre campagne n’atteint pas son objectif de renvoyer le parc éolien à 50 km des côtes au plus près, si ce n’est à 70 km, comptez-vous déposer un recours?

N.B: Oui, et c’est peut-être ce que nous aurions déjà du faire au moment de la clôture de la Commission nationale du débat public, qui n’a pas été menée dans les règles. Nous aimerions ne pas avoir à en arriver là, mais s’il le faut nous n’hésiterons pas à aller devant le Conseil d’État. Le cas échéant nous ferions front commun avec d’autres associations, et notamment certaines, comme les Gardiens du large, avec lesquelles nous avons des désaccords, car eux sont totalement contre l’éolien. Pour notre part, ce que nous voulons c’est défendre nos paysages, comme cela a en partie été possible pour l’île d’Oléron grâce à une forte mobilisation citoyenne dès l’étape de la commission nationale de débat public: là-bas, le parc Sud-Atlantique a été repoussé au-delà des limites du parc naturel marin, à 35 km des côtes.

B.G: En attendant, nous avons commencé à faire signer une pétition et lançons également une collecte pour soutenir nos actions d’information. Et si nous devions aller en justice, nous espérons que cette formule du financement participatif nous permettra de faire face.

(photo: photomontage association Gardiens du large)

Contact. Noëlle Bonnetain, présidente de la Fédération de protection et d’aménagement de la Baie de Quiberon, des Îles et du Grand site dunaire – fd.baiedequiberon@gmail.com; Bernard Genton, président de l’Union Belliloise – union.belliloise@gmail.com

 

 

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