La Une Brèves Eoliennes. Deux fédérations d’associations réagissent à l’annonce du choix d’implanter le parc à 19 km du site des Aiguilles de Port Coton

Eoliennes. Deux fédérations d’associations réagissent à l’annonce du choix d’implanter le parc à 19 km du site des Aiguilles de Port Coton

par SRG Salaun
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Suite à l’annonce officielle, faite le 27 septembre dernier par la ministre de la Transition énergétique et le secrétaire d’Etat chargé de la Mer, que l’emplacement du futur parc éolien dit de Bretagne sud devrait se situer, par rapport à Belle-Ile, à une distance de 19 km des Aiguilles de Port Coton, et à une vingtaine de kilomètres de la Pointe des Poulains, les associations engagées contre cette décision ont transmis à la presse des communiqués distincts. Après le couac dans l’organisation d’une réunion publique d’abord programmée par la Fédération de Protection de la Baie de Quiberon et des Iles conjointement avec la Fédération des Gardiens du large, et qui finalement aura été menée à bien par la seule Fédération des Gardiens du large (le 22 septembre dernier), les acteurs associatifs confirment en effet deux axes différents: tandis que les Gardiens du large mettent en avant le fait que « la France dispose déjà d’une électricité décarbonée avec le mix hydraulique et nucléaire que l’éolien, en outre, est incapable de remplacer, car énergie intermittente, irrégulière, aléatoire, non prédictible, non stockable et non pilotable », la Fédération de Protection de la Baie de Quiberon et des Iles reste quant à elle sur la ligne non de l’opposition à l’éolien mais de la défense du paysage en « [se battant] depuis plus de deux ans, non pas contre les éoliennes, mais pour obtenir un éloignement de plus de 50 km des côtes insulaires ».

(photo: photomontage présenté par la commission nationale du débat public; les images actualisées en mars 2022 sont disponibles ici: http://www.eolien-en-mer-sud-bretagne-ao5.geophom.info/)

Agenda. Le 5 novembre prochain, à l’initiative de la Fédération des Gardiens du large, une réunion publique se tiendra à Quiberon, espace Louison Bobet, à 14h, avec notamment la présence de Lamya Essemlali, présidente de l’association Sea Shepherd France, de Loïk Le Floch-Prigent, qui fut notamment PDG de l’entreprise pétrolière Elf, d’Hervé Machenaud, ancien membre du comité exécutif d’EDF, ainsi que de plusieurs députés et sénateurs.

COMMUNIQUES DES ACTEURS ASSOCIATIFS

Fédération de Protection de la Baie de Quiberon et des Iles

La décision que vient de prendre le gouvernement le 27 septembre 2022 pour la localisation du premier parc éolien flottant au large de Belle-Ile-en-Mer et de Groix est le pire des choix possibles.

Ce gouvernement, sans aucun souci de la préservation de notre littoral, a décidé d’implanter pour ce premier parc de 250 MW, 22 ou 24 éoliennes flottantes de plus de 260 mètres de haut en mer territoriale à une vingtaine de km de la Pointe des Poulains et 19 km des célèbres aiguilles de Port Coton, sur la côte sauvage de Belle-Ile.

Notre Fédération, avec toutes ses associations dont l’Union Belliloise pour le Développement (UBED) et Horizon Groisillon, se bat depuis plus de deux ans, non pas contre les éoliennes, mais pour obtenir un éloignement de plus de 50 km des côtes insulaires, afin de préserver nos paysages remarquables et limiter l’impact sur la biodiversité.

A en croire l’Etat et les industriels, les éoliennes flottantes permettent un rendement supérieur en énergie, tout en respectant les littoraux car contrairement aux éoliennes posées, elles peuvent être implantées loin des côtes jusqu’à une profondeur de 200 mètres et donc bénéficier ainsi de meilleurs vents. On voit aujourd’hui que ce projet médiocre, qui aurait dû être un exemple pour les 50 futurs parcs espérés par M. Macron, vient en contradiction de ce discours mensonger.

Ni nos associations locales de protection de l’environnement, ni les élus locaux, ni le Conseil Départemental du Morbihan et son Président David Lappartient n’ont été entendus, pas plus que France Nature Environnement Bretagne et l’Office français de la Biodiversité, par les deux gouvernements qui se sont succédés depuis le début du projet. Tous ces organismes pourtant non opposés aux éoliennes, demandaient une implantation en ZEE, zone économique exclusive, à plusieurs dizaines de kilomètres des côtes, comme le permet cette nouvelle technologie.

Contrairement à ce que prétend l’Etat, la consultation publique et les débats officiels qui ont eu lieu depuis 2020 ont été de pure forme. Le débat public de la CNDP en 2020, qui était d’ailleurs très loin d’apporter les éléments suffisants de réflexion à la population, n’a permis de dégager aucun consensus sur la zone d’implantation. Les réunions publiques qui ont suivi ont confirmé l’opposition au projet tel qu’il était présenté. Le gouvernement actuel, comme le précédent, n’a tenu aucun compte des résultats de ces débats et a entériné la décision de mai 2021 de Mme Barbara Pompili, décision qui confirmait une zone d’implantation déterminée dès 2018 par la CRML (Commission Régionale de la mer et du littoral) de Bretagne.

Nous demandons instamment à tous les élus et en particulier à tous les maires, non seulement de Belle-Ile, de Groix et de la Presqu’île de Quiberon, mais de tout le littoral morbihannais, de s’unir pour refuser cette localisation. Ils doivent demander à notre Ministre de la Transition Energétique, Mme Pannier-Runacher et au Secrétaire d’Etat à la Mer, M. Hervé Berville qui ont fait ce choix désastreux, de revenir sur cette décision incompréhensible au regard des réelles possibilités d’éloignement que permet la technologie de l’éolien flottant. Elus et habitants, nous devons agir maintenant pour protéger la beauté et l’intégrité de nos côtes insulaires et continentales si nous ne voulons pas nous réveiller, un beau matin, comme les maires de Loire-Atlantique et leurs administrés, consternés devant le désastre visuel de leurs horizons industrialisés, en disant : On ne savait pas … on n’’imaginait pas … on ne s’attendait pas à ça ….

  • Noëlle Bonnetain, Présidente de la Fédération de Protection de la Baie de Quiberon et des Iles, fd.baiedequiberon@gmail.com
  • Bernard Genton, Président de l’Union Belliloise pour le Développement (UBED), union.belliloise@gmail.com
  • Pascale des Mazery, Présidente de Horizon groisillon, horizongroisillon@orange.fr

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La Fédération Les Gardiens du large

Les Gardiens du Large réagissent au choix d’implantation de l’usine éolienne de Bretagne Sud décidé par le gouvernement.

Celuici la prévoit au plus proche possible des côtes de BelleÎle, soit à 19 km, méprisant l’avis des populations et des élus. Cette décision est l’illustration même de sa volonté de vouloir imposer, par la force et sous couvert d’un simulacre de débat public, les usines éoliennes extrêmement néfastes pour nos territoires, ses paysages emblématiques, ses écosystèmes, sa biodiversité et son économie traditionnelle.

Cette brutalité de l’État se manifeste également dans le projet de loi d’exception destiné à faciliter la construction de 50 usines en mer, soit plus de 5000 nouvelles monstrueuses machines, en leur accordant toute une série de dérogations au droit commun, y compris celles de détruire les espèces protégées et de piétiner les précédentes lois de protection de l’environnement.

Les Gardiens du Large rappellent que cette gigantesque zone industrielle de 150 km2 couvrira la mer de 62 gigantesques éoliennes de 260 m de haut, 80 m plus hautes que celles de Saint Nazaire qui détruisent déjà nos paysages même à plus de 30 km.

Tout cela à un prix colossal et pour rien.

Pour rien, parce que la France dispose déjà d’une électricité décarbonée avec le mix hydraulique et nucléaire que l’éolien, en outre, est incapable de remplacer, car énergie intermittente, irrégulière, aléatoire, non prédictible, non stockable et non pilotable.

Ainsi, l’éolien est dans l’incapacité de nous alimenter sans être adossé à autant de nouvelles centrales à gaz (Landivisiau) ou à charbon (Allemagne) hautement productrices de gaz à effet de serre.

Une aberration et surtout une affaire de gros sous !

Alors qu’en LoireAtlantique la sidération est à son comble devant l’horizon ravagé par le parc de Saint Nazaire et l’indignation générale chez les maires qui déclarent avoir été trompés par des photomontages truqués, la destruction de nos paysages par ces usines est désormais incontestable.

Une démocratie se doit d’entendre la colère et le traumatisme des habitants accablés à l’idée du saccage planifié
d’un littoral unique, libre depuis la nuit des temps, d’une valeur inestimable, fier de son territoire et vecteur de sa
prospérité.

Aussi les Gardiens du Large se félicitent que le Conseil Départemental du Morbihan ait pris l’initiative du vote d‘une motion défavorable au projet. Il appelle tous les élus locaux à s’unir avec les habitants afin de stopper ce funeste projet.

Les Gardiens rappellent qu’en cette période de crise énergétique de grande ampleur, l’objectif prioritaire est de réduire les gaspillages, de développer les énergies renouvelables non électriques afin de remplacer les énergies fossiles, d’investir dans l’efficacité énergétique et de renforcer la production d’électricité décarbonée d’origine nucléaire seul moyen pilotable pouvant garantir à la fois l’indépendance énergétique du pays, l’abondance de l’énergie et son faible prix.

Informer et débattre avec tous est une priorité des Gardiens du large qui organiseront une réunion à Quiberon le 5 novembre à 14 heures à l’Espace Louison Bobet.

Eric GUILLOT, président de l’Association LES GARDIENS DU LARGE.
Email : contact@gardiensdularge.org
Site Internet : www.gardiensdularge.org

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