La Une En diagonal Environnement. Le CPIE plaide pour que le « trop c’est trop! dont tout le monde parle » au sujet du tourisme émerge dans le débat public

Environnement. Le CPIE plaide pour que le « trop c’est trop! dont tout le monde parle » au sujet du tourisme émerge dans le débat public

par SRG Salaun
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Hier, lundi 11 juillet, le Centre permanent d’initiative pour l’environnement (CPIE) organisait un point presse destiné à mettre sur la place publique le sujet de l’impact du tourisme de masse sur la vie locale et l’environnement.

« L’augmentation de la fréquentation touristique de l’île, tout le monde en parle, et j’entends partout que c’est trop! a exprimé Guillaume Février, directeur de l’association. Nous voulons donc exprimer notre préoccupation sans nous adresser à une cible particulière, mais simplement pour que ce thème soit mis sur la table et devienne un sujet de débat public à part entière ».

Considérant que les orientations de la politique touristique ne sont pas exclusivement de la responsabilité des élus locaux mais sont surtout le résultat de « plans décidés au niveau régional ou départemental par des agences de développement du tourisme », voire de programmes « décidés à Bruxelles ou au niveau national comme le Plan Fabius » (ndlr. rendu public en 2015, ce plan visait 100 millions de touristes pour la France d’ici 2020), les membres du CPIE présents ont toutefois évoqué des actions pouvant être entreprises en particulier sur une île. Par exemple, la possibilité de limiter le nombre ou le type de voiture pouvant arriver par le bateau a été commentée; au même titre que le projet de la CCBI de mettre en place d’ici fin 2023/début 2024 un dispositif de limitation des locations de meublés de tourisme.

« Ça nous semble aller dans le bon sens car cela permet de sortir de la logique qui consiste à systématiquement suivre une courbe de la demande touristique toujours à la hausse », a encore évoqué Guillaume Février.

Actuellement, le CPIE est consulté en temps que personne publique associée pour les PLU en cours d’élaboration de Sauzon et Locmaria. L’association est également présente au sein du Codepa du Pays d’Auray et représentée dans le comité de direction de l’Office de tourisme.

(photo: les membres du bureau Yannick Moulinier, Pascal Mounier, Marc Suquet, et le directeur Guillaume Février)

Le communiqué de presse du CPIE

Tourisme à Belle île: quelle est la position du CPIE ?

Le Centre Permanent d’Initiatives pour l’Environnement de Belle Ile-en-mer constate l’importance du phénomène touristique sur notre territoire. Près de 90 000 touristes ont fréquenté l’île en juillet 2021 et 100 000 en août, un nombre en augmentation inquiétante.

Conséquence de cette forte fréquentation, la pression exercée sur le territoire est perçue aujourd’hui comme un phénomène limitant, débordant la capacité de portage de notre île. La forte densité de population, particulièrement subie durant la saison estivale, complique la vie journalière des îliens tout comme celle des visiteurs. Elle exerce un fort impact sur la disponibilité en eau potable, la saturation des dispositifs d’assainissement et de traitement des déchets, l’indépendance alimentaire de l’île, l’encombrement des chaussées, etc.

Conscient de la primauté actuelle de l’activité touristique dans le développement de l’ile, le CPIE se prononce en faveur d’un tourisme responsable qui tienne compte de ses impacts économiques, sociaux et environnementaux. Les lignes directrices d’un tel tourisme sont la préservation de l’environnement, première cause d’attraction de nos visiteurs, comme le développement d’une économie locale et solidaire. La fréquentation de Belle île doit être liée aux capacités d’accueil du territoire qui seront estimées en termes de disponibilité en eau, de collecte et traitement de déchets, d’impacts sur l’environnement ou de capacités de transport afin de déterminer le nombre souhaitable de nos visiteurs. Une production agricole de qualité doit être développée localement afin de réduire la dépendance alimentaire (96% de l’alimentation importée par bateau) et de limiter transport et pollution, tout en développant l’emploi local et en diminuant la dépendance majoritaire face au tourisme. La mobilité doit être réorientée vers des solutions respectueuses de l’environnement parmi lesquelles le vélo comme la marche à pieds doivent occuper une place de choix aux dépens de la voiture. En outre, l’accès maritime permet de limiter l’entrée de véhicules et de privilégier ceux qui présentent un impact minimal sur l’environnement.

L’orientation de l’activité touristique doit donc intégrer un projet de territoire auquel nous appelons, afin d’offrir une solution globale qui prenne en compte l’avis des différents acteurs concernés.

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