La Une En diagonal Législatives. 10 questions à Karol Kirchner, candidat NUPES pour la 2e circonscription du Morbihan

Législatives. 10 questions à Karol Kirchner, candidat NUPES pour la 2e circonscription du Morbihan

par SRG Salaun
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Mardi 14 juin, dans le cadre de la campagne pour le 2e tour des élections législatives dans la 2e circonscription du Morbihan, Belle-Ile en diagonales a transmis aux 2 candidats en lice, Karol Kirchner (NUPES) et Jimmy Pahun (Ensemble!) 10 questions visant à positionner leur candidature aussi bien par rapport à des questions de politique nationale que locale, sans oublier bien sûr des questions ayant trait à la personnalité. A ce jour, seul Karol Kirchner a répondu (concernant les questions personnalisées envoyées à Jimmy Pahun, elle sont en bas d’article).

Les réponses de Karol Kirchner, conseiller municipal palantin candidat à la 2e circonscription avec l’étiquette NUPES

1) Pourriez-vous détailler votre histoire personnelle avec la circonscription, et avec Belle-Ile en particulier?

K.K. : Devant la perte de sens de mon travail comme cadre financier, en ville, souvent en déplacement, avec des rémunérations confortables mais aussi avec très peu de temps, j’ai décidé de bifurquer. Originaire de la Meuse, j’ai choisi de retrouver l’authenticité d’un milieu rural à l’image de mon département d’origine. Je suis donc venu à Belle-Ile en Mer en 1996 retrouver mon amie d’enfance déjà installée sur place comme kiné et avec qui j’ai fondé une famille, et commencé une carrière d’artisan. Ensuite, ce sont deux évènements assez indépendants de ma volonté qui m’ont guidé vers des engagements politiques: une première invitation à rejoindre un collectif citoyen constitué pour les élections communales de Le palais en Mars 2020; et, plus récemment, un appel à candidature pour le rôle de chef de file de l’UP/LFI pour les législatives 2022.

2) Actuellement, le Schéma de cohérence territoriale du Pays d’Auray est en cours de modification, et ce dans un contexte d’objectifs nationaux de zéro artificialisation nette et de la popularisation de l’idée de l’autonomie énergétique et alimentaire. Quelles mesures concrètes soutiendrez-vous pour continuer à avancer dans ce sens?

K.K. : Concernant le Scot et les plans locaux d’urbanisme, la plupart des décisions sont prises par les maires et les préfets, avec à mon sens un manque de concertation en amont. C’est peut-être un point de vue un peu abrupt, mais j’ai un fort attachement au principe de la participation citoyenne. Cela étant posé, la première chose à faire pour limiter l’artificialisation des terres et promouvoir une économie écologiquement viable serait d’évaluer les capacités du territoire à absorber un nombre croissant de visiteurs. Dans les zones littorales et insulaires sous la pression d’un « hyper tourisme » qui épuise l’humain et l’environnement, il y a urgence. Mais tout n’est pas noir, car aussi bien à Belle-Ile que dans l’ensemble de la circonscription, j’ai pu constater que des activités économiques de « circuits courts », qui relèvent de l’économie « circulaire », se développent. J’ai par exemple rencontré plusieurs paysans-boulangers, des boutiques proposant des vêtements et objets recyclés, des maraîchers…

3) Concernant l’autonomie énergétique en particulier, pourriez-vous détailler le modèle qui se rapprocherait le plus de votre idéal?

K.K. : Avant mes idéaux, il y a la réalité de ce qui se met en place localement au large de Belle-Ile comme ailleurs sur la façade atlantique (St Brieux, St Nazaire…): le recours à l’éolien en mer pour permettre le développement des énergies renouvelables à la hauteur des engagements pris lors des derniers accords sur le climat. Les sources d’énergie alternatives au nucléaire ne sont pas parfaites, leur développement à l’échelle industrielle appelant beaucoup de vigilance, notamment en ce qui concerne les attributions des marchés publics aux consortiums, qui sont par ailleurs des acteurs majeurs dans le domaine des énergies fossiles. Mais les risques associés à ces énergies sont infiniment moins dangereux pour l’humanité que le nucléaire.

Concernant mon idéal, ce serait de pouvoir varier les sources d’énergie renouvelables selon les territoires pour palier notamment les effets d’intermittence, et à terme ne plus avoir besoin d’une production d’électricité par des réacteurs nucléaires.

4) Concernant la question du logement, dans les zones où les prix flambent, soutenez-vous l’idée d’un statut de résident breton (ou autre)? Et quelles sont les mesures qui vous sembleraient les plus urgentes?

K.K. : Parmi ses propositions, la NUPES n’a pas retenu celle du statut de résident breton. A titre personnel, je n’ai pas un avis tranché sur ce point. Mais je pense qu’il est possible de faire autrement, en utilisant la boîte à outils prévue par la loi pour les zones dites « tendues », c’est-à-dire les zones où les prix de l’immobilier sont trop hauts. Pouvoir faire bénéficier de ce classement plus de zones qu’actuellement, notamment de petites agglomérations, me paraît être le point de départ pour agir.

5) Comme député insulaire, y-aurait-il un thème propre aux îles que vous souhaiteriez mettre en avant?

K.K. : Comme député, je voudrais travailler sur un statut insulaire à part, cette fois indépendant de la loi Montagne qui le régit jusqu’à maintenant. Et j’aimerais que l’association des Iles du Ponant ne réunisse pas seulement des élus mais aussi des professionnels, des syndicats… En fait, je pense que cette association devrait s’inspirer pour son fonctionnement du Conseil de développement du Pays d’Auray.

6) En tant que député, vous serez aussi appelé à vous prononcer sur des questions internationales. Aujourd’hui, via l’aggravation de l’inflation et des difficultés d’approvisionnement pour certains produits, la guerre en Ukraine est entrée dans le quotidien des Français. La condition posée par la Russie pour la désescalade est d’arrêter les négociations en cours pour l’élargissement de l’Otan. Comme député, quelle sera votre position sur ce sujet?

K.K. : Je ne peux pas vraiment répondre à ce sujet en tant que candidat, puisque je ne dispose pas des informations nécessaires pour forger mon opinion sur une question d’une telle importance. Si je devais néanmoins faire un commentaire je dirais que dans le passé la France a déjà quitté le commandement intégré de l’OTAN, décision prise par le Général de Gaule en février 1966, avant que le président Nicolas Sarkozy décide en 2007 de nous faire retourner dans ce commandement intégré. Par ailleurs, dans un entretien du 7 novembre 2021, le président Macron déclarait l’OTAN en état de mort cérébrale. Mais, à mon niveau, ce que je retiens surtout de la position de la NUPES est qu’elle a une vision de la scène internationale qui passe plus par la mise en avant de l’ONU que de l’OTAN.

7) La guerre entre la Russie et l’Ukraine a aussi remis sur le devant de la scène la question de l’accueil des réfugiés. Selon les préconisations du Schéma national d’accueil des demandeurs d’asile & d’intégration des réfugiés 2021-2023, l’objectif régional pour la Bretagne est d’arriver au terme de cette période à recevoir au moins 5% des personnes arrivant de zones considérées comme «excédentaires». Au-delà du cas des réfugiés de guerre ukrainiens, comme député, quel sera votre position sur ces objectifs d’accueil prévus pour être à nouveau révisés à la hausse?

K.K. : Je pense que cet objectif régional d’accueillir au moins 5 % des demandeurs d’asile considérés « excédentaires » en Ile-de-France se base sur l’évaluation de nos capacités d’accueil régionales. Ma position, comme pour toute politique publique, est que les décisions se font après des bilans d’étape, et que l’on fixe ensuite les nouveaux objectifs selon ces bilans. Actuellement, comme candidat, je n’ai pas connaissance de nos capacités d’accueil à l’échelle de la région et de la circonscription.

8) Dans une élection, à côté du programme, la personnalité aussi est importante. Si je vous dis que vous avez localement la réputation d’être «un élu sérieux et investi» mais parfois «impulsif», serez-vous surpris?

K.K. : Oui et non! L’impulsif serait une personne « pas assez réfléchie », qui agirait sous le coup de ses émotions. Je pense plutôt que je peux avoir cette forme d’énergie liée à ma façon d’être, passionnée, qui peut parfois « déborder », mais que j’arrive ensuite à re-canaliser!

9) Quelle(s) qualité(s) reconnaissez-vous à votre adversaire?

K.K. : C’est une personne qui sait communiquer, à l’aise avec le public.

10) Comme député, quel serait votre atout majeur?

K.K. : La ténacité, l’honnêteté, la proximité avec les gens.



Concernant les 10 questions envoyées à Jimmy Pahun, elles étaient identiques sauf 2:

5) Comme député, vous avez obtenu le vote d’un amendement cadre reconnaissant «l’exception d’insularité». Pouvez-vous donner un exemple précis de ce que pourra permettre cet amendement?

8) Dans une élection, à côté du programme, la personnalité aussi est importante. Si je vous dis que vous avez parfois la réputation d’«avoir un bon contact humain» mais d’«éviter les questions qui fâchent», serez-vous surpris?

 

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1 commentaire

claude huchet 16/06/2022 - 23:13

Du coup, les questions posées par écrit pour la table ronde organisée à la salle Omnibus sont passées par pertes et profits.
Pas grave, maintenant qu’il a le soutient de l’extrême droite au travers des patriotes , on commence à comprendre un peu mieux les visées du candidat ;))

Claude Huchet.
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