La Une En diagonal Carburants. Gerveur da viken plaide pour un système d’approvisionnement qui réduirait le prix à la pompe

Carburants. Gerveur da viken plaide pour un système d’approvisionnement qui réduirait le prix à la pompe

par SRG Salaun
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Après un premier communiqué rédigé suite à la décision du conseil communautaire du 14 décembre dernier de remettre en état le pipeline qui relie le quai Nicolas Fouquet au dépôt d’hydrocarbures de Haute-Boulogne et de le prolonger le long du chemin de halage jusqu’au début de la digue, où se range le roulier le Bangor la nuit, et où dépoterait donc à l’avenir le pétrolier l’Anatife, l’association Gerveur da viken, qui dénonçait alors l’absence de concertation préalable de la population, enfonce encore le clou en pointant le contexte général de la hausse du prix du carburant, le poids de cette hausse se trouvant aggravé à Belle-Ile par le système d’approvisionnement par pétrolier.

Gerveur da viken plaide donc pour l’option du transport de camions citernes par rouliers (photo: pétrolier l’Anatife).

 

COMMUNIQUE DE GERVEUR DA VIKEN

 

12 février 2022 LES CARBURANTS HORS DE PRIX DANS TOUTE LA FRANCE.

LES FRANÇAIS S’ÉMEUVENT ET COMMENCENT À « BOUGER »…

Et à Belle-ile ??

27 centimes de plus qu’à Quiberon le vendredi 11/02 au Super U… tout le monde le sait et sait pourquoi (des contrats de délégation tout à l’avantage des privés délégataires : CLT -compagnie ligérienne de transport- filiale de Sogestran pour l’Anatife et CIM pour la gestion du dépôt, plus un « petit prélèvement local » instauré par l’ancien président de la CCBI pour financer l’entretien que la CIM ne fait pas).

UNE DÉCISION SANS DISCUSSION

« JE préfère payer le produit cher à la pompe plutôt que payer moitié moins cher mais ne pas en avoir tous les jours ». (Annaïck Huchet Maire de Bangor Présidente de la CCBI)

L’étude faite par Eureteq (spécialiste ingénierie en canalisation hydrocarbures ) (50 000 € HT – auto financement de 20 000€ HT) propose six solutions appelées « scénarios » pour l’approvisionnement en produits pétroliers. Trois conservent la logistique actuelle (Anatife, pipeline, dépôt géré par la CIM) avec les prix à la pompe que nous connaissons déjà, et trois proposent un basculement immédiat sur une logistique camions avec baisse immédiate des prix à la pompe.

Pourquoi le 14 décembre 2021 le Conseil de la CCBI adopte-t-il sans discussion le choix de la Présidente qui élimine d’entrée les trois solutions permettant la baisse des prix à la pompe ? Ce « scénario » conserve la logistique actuelle avec remplacement intégral du pipeline à partir du dépôt et sa prolongation jusqu’au poste de nuit du Bangor (coût 2,7 millions d’euros).

Seraient maintenues les deux Délégations de Service Public (DSP) (fin d’année 2022) attribuées à CLT pour l’Anatife et à la Compagnie Industrielle maritime (CIM) pour le dépôt. Ce choix ne permet pas une baisse des prix à la pompe (hors variation des cours du pétrole).

La question a été posée par Gerveur da viken par voie de presse (voir les articles dans Ouest-France, le Télégramme le 24 décembre, et celui publié intégralement par l’ABP, puis sur belleileendiagonales, enfin relayé sur facebook)

Ce vote expéditif ne semble pas avoir ému les foules…contrairement à ce qui s’était passé en 2007…

Alors pourquoi 5500 habitants acceptent-ils sans broncher une décision prise par des élus délégués par les conseils municipaux sur proposition de la présidente, elle-même choisie par ces élus, sans discussion, et surtout sans que les habitants aient été informés des 6 options possibles, leurs avantages et inconvénients respectifs donc sans la moindre concertation locale préalable. Pourtant c’est bien à cela que servait le bureau d’étude EURETEQ, non ???? (EURETEQ qui a pour client TRAPIL, exploitant le plus important réseau d’oléoducs français, dont le groupe CIM est actionnaire à hauteur de 49,75%)

Les élus des 4 communes appelés à voter ont-ils eu l’opportunité de mesurer l’impact à long terme des chacune des options proposées par le bureau d’études, de peser le pour le contre et de consulter la population ? On peut en douter si on considère l’absence de discussion au Conseil du 14 décembre.

(La Mairie de Le Palais a choisi la version camion pour le volet pêche, elle s’est donc positionnée)

TROIS PROJETS ALTERNATIFS AVEC UNE BAISSE DES PRIX À LA POMPE

Il existe bien trois vrais projets alternatifs avec une diminution immédiate du prix à la pompe.

Les 3 projets présentés ont en commun le transport de camions citernes sur un ou des rouliers privés. Pour une consommation annuelle moyenne de 3800 m3, tendant à diminuer lors des prochaines décennies,( CCBI : Projet piste cyclable// projet véhicule électrique) cela représente environ 292 camions de 13m3. Ce constat est en effet vrai, mais ne pouvons pas nier la saisonnalité des consommations de carburant. Il y aura donc plus de camions l’été que l’hiver. Il faudra donc chercher de la saisonnalité dans les horaires.

Projet 1 (scénario 3) Les camions approvisionnent directement le dépôt. Gestion du dépôt par délégataire ? ou ENEZIA? (économie moins marquée à la pompe mais sur l’investissement pipeline OUI)

Projet 2 (scénario 4) Approvisionnement des distributeurs et des grosses entreprises (par exemple l’Hôpital 600 m3, entreprises du bâtiment insulaires, bennes à ordures ménagères, bus) en direct par les camions mais conservation d’un petit stockage minimum de sécurité la gestion pouvant être assurée localement par un salarié de la CCBI ou ENEZIA (La gestion est conservée par la CCBI ou un délégataire, le prix sera un peu plus élevé mais gain également par rapport au renouvellement du pipe)

Projet 3 (scénario 5) idem scénario 4 mais pas de stockage donc pas de dépôt et de délégataire.

(Gain maximum à la pompe, mais rappelons que le distributeur a la main sur sa marge. Les distributeurs de carburant s’organisent en conséquence, les entreprises mutualisent leurs besoins. Les particuliers pourraient – pourquoi pas – se faire aider par les mairies ou la ccbi sur la logistique des commandes (fuel domestique)

QUELS ARGUMENTS EN FAVEUR DE CES TROIS SCENARII ?

Les coûts

  • Un facteur maîtrisé : les coûts de transport : actuellement le Quehan ravitaille les pêcheurs par camion-citerne de 13 000 l. Il coûte 6 centimes de plus qu’à Quiberon versus 23 ct HT avec l’ancienne méthode, ce delta pourrait être étendu aux autres produits.
  • Facteur variable selon l’option : gestion ou non du dépôt
  • Facteur conjoncturel : prix du carburant à la production.
  • Facteur sur place négociable : décision des distributeurs sur leur marge. La coopération du supermarché semble acquise, ce dernier rappelant dans la presse, qu’il y avait trop d’intermédiaires

Dans tous les cas de figure les prix peuvent varier mais restent contenus.

La sécurité

  • Suppression du pipe line, suppression possible du dépôt, et gain de foncier à but insulaire pour la mairie de Le Palais.(terrain en face de la gendarmerie)
  • Utilisation de camions citernes (comme partout en France) spécialisés hautement sécurisés qui traverseront la ville trois jours par mois en moyenne – comme le font déjà mais de façon permanente et continue les camions qui livrent les carburants depuis le dépôt aux entreprises, y compris sur les quais, aux particuliers etc.

QUELS ARGUMENTS CONTRE LE SCENARIO CHOISI PAR LA CCBI

La sécurité

  • Le dépotage, qui dure 6 heures, se fera poste de nuit du Bangor: le risque de déflagration est déplacé sans – selon notre expert- que soient diminués les effets dévastateurs sur la ville et la Citadelle.
  • Comment faire cohabiter dans l’avant-port le pétrolier qui dépote, les bateaux de plaisance, et les rouliers ? (Pour ces derniers, qui devra supporter l’importante charge lorsque les 2 navires du service public devront passer la nuit dehors ?)
  • Le dépôt maintenu à proximité des constructions de Haute Boulogne est une source potentielle d’insécurité : risque majeur d’explosion.
  • Le pipeline est susceptible de vieillissement ou d’avaries : or il est beaucoup plus long que le précédent, et court au pied de la citadelle placé dans une tranchée le long du chemin de halage (a-t-on étudié la nature du sol ??).

Les coûts

  • l’Anatife est en bout de course (la vie des pétroliers est courte : une quinzaine d’années) des contrôles annuels très lourds sont nécessaires et son remplacement est à prévoir.
  • L’évolution des besoins en carburants laisse présager une diminution de la consommation. Mais le contrat avec CLT (Anatife) impose un nombre annuel de rotations à prix fixe quelle que soit la quantité transportée. Moins il transporte plus le prix du litre transporté est augmenté (il suffit de faire une division !)
  • Le dépôt de Haute Boulogne coûte beaucoup trop cher, la marge de la CIM trop importante impacte lourdement le prix du litre.
  • Le coût immédiat de l’opération choisie par la présidente : 2,7 M€ à financer, alors que les trois projets par camion citernes coûtent (selon l’option) :

Choix 1 (scénario 3) coût immédiat 180 K€

Choix 2 (scénario 4) coût immédiat 230 K€+ 0,4 M€/an

Choix 3 (scénario 5) coût immédiat 360 K€

DES QUESTIONS SANS RÉPONSES (JUSQU’À MAINTENANT)

Pourquoi cette absence totale de débat à la réunion CCBI ?

Un débat a-t-il eu lieu avant la réunion officielle, à huis clos, la population n’ayant pas à connaître les bonnes raisons du choix de la présidente ?

Quelle expertise permet d’affirmer que ce choix apporte plus de sécurité ? Alors que les carburants parcourront un trajet beaucoup plus long et qu’une explosion dans l’avant-port causerait autant de dégâts que dans la configuration actuelle, sans oublier le maintien du dépôt à proximité d’habitations (voir sur le site internet de Gerveur da viken le rapport d’expert consultant en dangers industriels.)

Les camions-citernes sont très sécurisés et le SDIS doit savoir les gérer en cas de besoin! (QUID des renforts du SDIS du continent en cas d’incendie important, qui généralement affrète les navires du service public sur réquisition préfectorale. Si dépotage, impossible d’accoster) On ne saurait donc invoquer un argument contraire.

Pourquoi la présidente invoque-elle publiquement un risque de rupture d’approvisionnement, de pénurie « si on remet la gestion au privé » ? Actuellement n’est-ce pas le privé qui gère le transport et la gestion locale ? Les délégations de service public sont faites pour cela. Et la compagnie qui propose le scénario camions serait aussi délégataire de service public. Où est la différence ?

A-t-on pris en compte la baisse prévisible de la demande en carburants et la nécessité de remplacer l’Anatife en fin de vie – il a été mis en service en 2007 et a coûté 5,2M€ ? Deux facteurs qui se répercuteront inéluctablement sur le prix à la pompe lié aux contrats de DSP

A-t-on consulté les intéressés sur les répercussions du dépotage au poste de mouillage du Bangor sur le trafic de transport des personnes des véhicules et des biens (DSP en cours de renouvellement) ?

A-t-on consulté les intéressés à propos des répercussions sur la gestion de la plaisance et sur la gestion d’éventuelles pollutions dans l’avant-port ? Les hôteliers, y compris la citadelle, nuisances sonores, olfactives de nuit ?

A-t-on expertisé les difficultés et risques du défoncement du chemin de halage ?

La collectivité peut-elle supporter un coût de 2,7M même avec quelques aides alors qu’il est nécessaire d’entretenir les infrastructures, de consolider les quais, de finaliser le plan vélo.

ENFIN ÔTONS-NOUS D’UN DOUTE….

Le syndicat mixte qui affrète l’Anatife a-t-il donné son avis – et si oui quel avis ? – dans la mesure où on n’aurait plus recours à l’Anatife ?

La compagnie industrielle maritime (CIM) a-t-elle donné son avis – et si oui quel avis ? – dans la mesure où elle disparaît totalement ou voit son domaine d’exploitation rétréci (selon l’option).

(EURETEQ qui a pour client TRAPIL, exploitant le plus important réseau d’oléoducs français, dont le groupe CIM est actionnaire à hauteur de 49,75%)

Pour mémoire :

Gazole super U Belle-Ile 1.995 / Super U quiberon 1.683

SP 95 super U Belle-Ile 2.045// / Super U quiberon 1.765

Prix actualisés post 11/02

Carburants. Les propriétaires du Super U donnent leur point de vue sur le système d’approvisionnement bellilois

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