La Une Brèves La 3e manifestation contre le passe sanitaire et l’obligation vaccinale rassemble environ 200 personnes

La 3e manifestation contre le passe sanitaire et l’obligation vaccinale rassemble environ 200 personnes

par SRG Salaun
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Hier, samedi 31 juillet, la 3e manifestation contre le passe sanitaire et l’obligation vaccinale a rassemblé à Le Palais environ 200 personnes, soit le double de participants que la fois précédente. Dans ce cortège très divers du point de vue de l’âge et du milieu professionnel, outre des représentants de professions directement concernées par l’obligation du passe sanitaire, se trouvaient notamment des professionnels de l’hôtellerie inquiets des retombées sur la fréquentation de leurs établissements. Etaient aussi présents des parents qui refusent l’idée que leurs enfants non vaccinés puissent être « évincés » de leurs collèges et lycées en cas de présence de cas positifs dans les classes. Côté élus locaux, deux conseillers municipaux palantins étaient présents.

Au centre de Le Palais, une commerçante affiche son rejet du passe sanitaire.

Plus musical encore que le 24 juillet, puisque  le cortège était cette fois accompagné d’un amplificateur mobile, le rassemblement s’est à nouveau dissous devant la mairie au bout de près de 2 heures.

Le 5 août prochain, le Conseil constitutionnel, qui a le pouvoir de censurer la loi relative à la gestion de la crise sanitaire, rendra sa décision.


Sur les 6 députés du Morbihan, seuls 2 avaient participé au vote de la loi relative à la gestion de crise sanitaire: Paul Molac, députés de la 4e circonscription (Libertés et territoires) votant contre, et Jimmy Pahun, député de la 2e circonscription (LREM) votant pour.

Tous Deux explicitent leur position dans des courriers-types adressés aux électeurs qui les ont interpellés:

  • Jimmy Pahun:

« Madame, Monsieur,

Vous avez souhaité m’alerter sur l’extension du pass sanitaire et la vaccination obligatoire des soignants que vous jugez contraires à un ensemble de principes de droit et de morale. Je vous en remercie mais je regrette de vous informer que j’ai voté en faveur de cette mesure. Je la crois, malheureusement, indispensable pour freiner la 4e vague et éviter un reconfinement.

Choisir l’option du reconfinement serait dévastateur pour l’économie du pays et le bien-être des Français. Trop de souffrances, trop de difficultés, de drames, d’incertitude depuis maintenant un an et demi. Aucune autre option que la vaccination n’est viable à ce jour. Elle doit être encouragée le plus largement possible pour immuniser l’ensemble de la société. Je suis moi-même vacciné comme 43 millions de Français et 1 milliard de personnes dans le monde.

L’ivermectine, souvent citée en exemple par celles et ceux que la vaccination inquiète, n’a en réalité fait l’objet d’aucune étude sérieuse sur les humains. Dans un avis du 31 mars 2021, l’OMS déconseille d’ailleurs, de l’utiliser « pour traiter la Covid-19 en dehors des essais cliniques, en attendant que davantage de données soient disponibles » (site internet de l’Institut Pasteur).

Je ne suis pas non plus inquiet pour nos libertés. J’y suis, bien évidemment très attentif, en tant que parlementaire et citoyen attaché aux valeurs démocratiques et républicaines. Je veillerai donc à ce que les mesures exceptionnelles imposées par l’urgence et la gravité de la situation sanitaire soient levées sans délai lorsque cette dernière l’autorisera, comme le gouvernement s’y est engagé.

Je vous prie de croire, Madame, Monsieur, à l’assurance de mes sentiments les meilleurs. »

  • Paul Molac:

« Madame, Monsieur,

Comme de nombreux concitoyens inquiets et soucieux pour leur santé ou le devenir de leurs libertés publiques, vous avez choisi de m’interpeller au sujet du projet de loi crise sanitaire. Je vous remercie pour votre message qui montre que vous vous interrogez sur le devenir de la chose publique et de la démocratie.

Ma position est très claire : la liberté doit rester de mise, à savoir celle de se vacciner tout comme celle de ne pas se vacciner. Les citoyens doivent être partie prenante dans leur parcours de soins. Ils ne doivent pas se voir imposer des modes de soin qu’ils réprouvent.

A ce titre, je considère les effets du pass sanitaire comme liberticides, et reprend à mon compte l’ensemble des alertes qu’a pu énoncer la défenseure des droits Claire Hédon (https://www.defenseurdesdroits.fr/fr/communique-de-presse/2021/07/extension-du-passe-sanitaire-les-10-points-dalerte-de-la-defenseure-des)

Outre les difficultés auxquelles nous sommes confronté en tant que parlementaire par un processus législatif aux délais extrêmement rapides, ce projet de loi laisse planer des risques de discrimination parmi les salariés et agents, mais aussi les usagers ou clients de lieux aujourd’hui visés par le Gouvernement. J’ai bien peur qu’à vouloir insister trop lourdement, on n’en vienne à créer des incivilités et de la tension dont nous n’avons aujourd’hui guère besoin. Au contraire, il nous faut retrouver de la sérénité et de la confiance après 18 mois de crise sanitaire douloureuse, dont on ne sait pas aujourd’hui à quel moment nous pourrons en sortir.

Dans la nuit de mardi à mercredi, nous avons procédé à l’examen du texte en commission mais aucun de mes amendements n’a trouvé d’écho positif aux yeux de mes collègues de la majorité, qui les ont tous rejeté. Je le regrette sincèrement. Je suis resté jusqu’au bout de la discussion qui s’est terminée à 5h08. Les discussions se sont poursuivis en séance les mercredi, jeudi et vendredi dans l’hémicycle. Le gouvernement nous met dans des situations inacceptables de préparation et de discussion de cette loi. Nous l’avons d’ailleurs dénoncé. Cela montre le peu de cas qu’il fait de la démocratie parlementaire.

Sur le fond ce projet n’est pas acceptable. Il revient quasiment à une obligation vaccinale alors que l’exécutif et le président avaient clairement expliqué que la vaccination ne serait pas obligatoire. Cette vaccination s’étend à partir de septembre aux jeunes de plus de 12 ans alors qu’ils ne sont pas malades du Covid s’ils n’ont pas de comorbidités. Comment dans ce cas pouvoir peser les bénéfices et les risques ?

La non vaccination devient une nouvelle clause de licenciement dans certains métiers qui reçoivent du public et pas seulement les soignants. Les employeurs sont sommés sous peine d’amendes de peine de prison de contrôler le pass sanitaire de leurs employés et de leurs clients. Ils doivent ainsi se transformer en fonctionnaire de maintien de l’ordre sans être ni formés, ni assermentés. La divulgation de la vaccination contrevient au secret médical.

Les conditions de mise en place de ce pass sanitaire montre que ce sera une véritable usine à gaz et qu’il sera très compliqué à mettre en place au quotidien. Pour ceux qui veulent se vacciner, les délais ne leur permettent pas de l’être rapidement et les obligent à faire des tests PCR réguliers.

Les professionnels, restaurateurs, barmen, exploitants de parc d’activités sont très inquiets. Avec l’établissement du pass sanitaire, beaucoup se plaignent d’une baisse d’activité alors qu’ils sortent de plusieurs mois d’inactivité et comptaient sur la période estivale pour se refaire une santé financière.

Le gouvernement ne nous donne aucune assurance quant à l’efficacité réel de ce pass pour maîtriser l’épidémie. Il n’exclut d’ailleurs pas un nouveau confinement. Voilà qui n’est guère rassurant. Il existe d’autres stratégies que celle du gouvernement pour endiguer la maladie mais le gouvernement ne veut même pas en parler.

Vues les atteintes aux libertés publiques d’un côté et l’incertitude d’efficacité du pass sanitaire sur la maîtrise de la maladie de l’autre côté, j’ai voté contre cette loi ce vendredi à 5h38. Le résultat a d’ailleurs été beaucoup plus serré qu’attendu puisque seulement 116 députés ont voté pour et 86 contre. Malheureusement c’est encore l’abstention qui l’a emporté. Au final, l’esprit du gouvernement est à revoir. Il est dans un mode de rapport de force et essaye toujours de passer en force que ce soit avec les députés ou avec les citoyens. Le résultat du vote montre que cette loi a peu de légitimité. Je saisirai par ailleurs le Conseil constitutionnel avec plusieurs de mes collègues.

Depuis le début de la pandémie, je suis pleinement mobilisé sur les questions de droit relatives aux différents régimes d’état d’urgence sanitaire, et je continuerai de m’opposer à toutes les mesures qui seraient hautement attentatoires aux libertés, sans que nous ayons la certitude que ce soit utile pour la lutte contre la pandémie. Le problème reste là, le gouvernement n’a jamais voulu discuter de la stratégie de lutte contre le Covid. Il prend les décisions et les fait entériner par les parlementaires.

Cette méthode n’est pas efficace et ne donne pas la légitimité nécessaire aux mesures qu’il prend.  Je continuerai d’effectuer mon travail de député en ce sens en essayant de vous représenter au mieux.

Paul Molac

Député du Morbihan »

 

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