La Une Bangor Portrait. Alain Nalis et Pierre Aluce, voisins à Calastren, partenaires de tatami au Gouerch

Portrait. Alain Nalis et Pierre Aluce, voisins à Calastren, partenaires de tatami au Gouerch

par SRG Salaun
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Arrivés à Belle-Ile d’horizons différents mais avec chacun dans son bagage une même passion pour le judo, Alain Nalis et Pierre Aluce se sont connus à Calastren, leur village de résidence. Ces deux-là devenus voisins, le compte à rebours pour la création du club de judo était évidemment commencé.

Lorsque Pierre Aluce s’installe en 2013 à Calastren, où Alain Nalis vit depuis 2010, aucun des 2 voisins n’imagine encore à quel point le hasard a bien fait les choses ! En présence : un jeune homme d’alors 30 ans, Pierre Aluce, qui vient d’opter pour la sédentarité après une vie de voyages dans laquelle le judo l’a toujours suivi, et un judoka professionnel retraité, Alain Nalis, qui officiera encore comme arbitre jusqu’en 2017. Lorsque la rencontre a lieu, Pierre Aluce arrive de Nouvelle-Zélande : « Là-bas, je travaillais dans le bâtiment, et je faisais du judo en loisir. Mais en 2012, j’ai été amené à remplacer un professeur qui devait accompagner un élève aux jeux olympiques de Londres. A partir de là, j’ai vraiment eu envie de m’investir dans un club ». Or, à l’époque, aucun club de judo n’existe à Belle-Ile.

Alain Nalis, ancien judoka professionnel dans un club du Val-de-Marne, a été arbitre « continental et international », par exemple lors des championnats d’Europe de l’an 2000, en Pologne.

Naissance de la section belliloise du judo club 56 de Belle-Ile

Pierre Aluce commence donc à fréquenter le judo club de Vannes, que son voisin Alain Nalis, ancien professeur de judo dans le Val-de Marne, connaît très bien, notamment grâce à son activité d’arbitre. Et en 2016, avec l’aide d’Alain, Pierre obtient son certificat de qualification professionnelle (CQP) moniteur d’arts martiaux au sein du judo club 56 de Vannes.

« Pendant la formation, on sentait qu’il avait envie de s’impliquer davantage, se souvient Alain Nalis. Alors, rapidement, on s’est dit allez ! On monte une section du judo club 56 à Belle-Ile ». En septembre 2017, la première rentrée de la section belliloise peut donc avoir lieu, avec dès le départ une quarantaine d’élèves. Poursuivant sur sa lancée, le cours de judo du Gouerch produira même son premier champion en février 2020, avec la médaille d’or de Simon Combier en championnat du Morbihan catégorie minimes. Puis le 3 octobre, suite à la qualification du club de Vannes pour les compétitions par équipe, c’est Pierre Aluce qui participe à Brest aux championnats de France. « On a fait une seule rencontre, mais à un très haut niveau, avec un mélange de professionnels et d’amateurs », détaillent les fondateurs de la section belliloise de judo.

Vers des cours en plein air?

Cependant, la rentrée d’automne aura cette fois été de courte durée, le 2e confinement ayant à nouveau obligé le club à un arrêt en octobre. Et après une brève reprise le 13 janvier, le couperet tombe à nouveau, avec l’interdiction de tous les cours de sport en intérieur. « On l’a très mal vécu, parce qu’au moment où on a repris les cours, on y croyait, expriment Alain Nalis et Pierre Aluce. C’était merveilleux, tout le monde avait le sourire ! » Refusant de mettre en péril tout le travail accompli auprès de leurs élèves, les deux professeurs bénévoles de judo envisagent aujourd’hui de proposer des activités de plein air. « Ce qui nous manque, au-delà du sport, c’est la relation humaine », insistent-ils. Et pour leur élève Simon Combier, manque aussi une nouvelle date pour la coupe de Bretagne de Judo de Rennes, annulée le 15 mars 2020.


Alain, Nalis, 76 ans, a mené une carrière de judoka professionnel à Bry-sur-Marne jusqu’à sa retraite en 2006, et d’arbitre jusqu’en 2017, notamment lors des jeux olympiques d’Atlanta et Sydney. Il a été champion champion de France cadets, puis juniors en individuel et en équipes de clubs, puis 3eme aux championnats de France seniors toutes catégories (1969) et en poids moyen (1971):
« Avant Belle-Ile, j’ai vécu en Ile-de-France, à Bry-sur-Marne. J’y ai travaillé comme prothésiste dentaire. Mais lorsque j’avais 24 ans, j’ai passé mon brevet d’état de judo. En fait, j’ai commencé le judo grâce à un chef scout qui en faisait, et aussi parce qu’un père capucin, qui dirigeait le club omnisports de ma commune, est venu me chercher pour que je m’occupe des jeunes. A l’époque, il n’y avait pas encore eu de judoka médiatique comme David Douillet, et pour moi c’était quelque chose de très mystérieux et secret, et donc de très attirant. Une fois lancé dans ma carrière de judoka professionnel au sein de mon club, j’ai complété mes revenus avec un travail de directeur des sports pour la commune. En parallèle, j’ai aussi commencé une activité d’arbitre, jusqu’à la catégorie continentale , à partir de 1982, puis mondiale, à partir de 1992. C’est quelque chose qui me faisait vibrer, parce que c’était une manière de veiller à la justice ».

Pierre Aluce, 38 ans, franco-suisse, et vannetais depuis l’enfance, pratique le judo depuis l’âge de 6 ans. Travaillant depuis son installation à Belle-Ile dans le bâtiment, aujourd’hui dans la construction de maisons en bois, il a obtenu en 2016 son Certificat de Qualification Professionnelle (CQP) Moniteur d’arts martiaux.
« J’ai toujours été très sportif et ai beaucoup voyagé pour pratiquer le surf. Mais à travers les années, j’ai gardé un intérêt pour le judo. Actuellement je travaille dans le bâtiment, car même si ma formation d’origine est la métallurgie avec une spécialité en aménagement et rénovation de véhicules, la construction était le meilleur moyen de vite trouver une activité à l’étranger. Avec mon CQP, je peux donner des cours rémunérés de Judo-Jujitsu pour une durée maximum annuelle de 300 heures. Donc, pour le moment, il n’est pas envisageable de me professionnaliser. Et si je passais le cap, il me faudrait de toutes façons varier entre cours de judo, de self défense, et de gym japonaise. Et puis surtout, vu que j’aurais besoin de beaucoup de créneaux horaires, il me faudrait mon propre dojo! »

Contact. https://www.judoclub56.com/horaires-belle-ile/ 

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