La Une En diagonal Coronavirus. Entretien avec le responsable de la ligne d’exploitation Quiberon-Belle-Île-en-mer

Coronavirus. Entretien avec le responsable de la ligne d’exploitation Quiberon-Belle-Île-en-mer

par SRG Salaun
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Après un premier communiqué de presse dans lequel la Compagnie Océane avait annoncé le passage de 6 à 3 rotations pour la ligne Belle-Île/Quiberon à partir du mercredi 18 mars, un nouveau communiqué restreint encore les passages : à partir de mercredi, seules 2 liaisons quotidiennes seront assurées. Ce matin, mardi 17, Belle-Ile en diagonales a demandé plus de précisions à Arnaud Boussin, responsable d’exploitation de la ligne Quiberon-Belle-Île-en-mer.

Aujourd’hui, un nouveau communiqué sera diffusé. Quel en seront les mesures principales ?

En plus de la limitation à 2 rotations quotidiennes, nous transporterons un maximum de 100 passagers sur le Bangor. Et un ordre de priorité devra être respecté :  les personnels de santé, des services publics, puis, les insulaires et les abonnés dont le motif de déplacement l’impose.

Depuis hier, une forte affluence vers les supermarchés a été constatée. Des rayons ont même été pratiquement vidés. L’approvisionnement en produits alimentaires risque-t-il de devenir problématique ?

Normalement, en cette saison, le Vindilis et le Bangor font du transport mixte, c’est-à-dire que nous transportons à la fois des passagers et des marchandises. En été, en revanche, nous ajoutons des voyages seulement pour la marchandise très tôt le matin. Aujourd’hui, vu l’obligation de limiter les liaisons à 2, nous transporterons plus de marchandises que de passagers. Et parmi ces marchandises, nous privilégierons le fret de première nécessité, c’est-à-dire l’alimentation et les produits pharmaceutiques. Pour le reste, tout sera en pause, alors que nous sommes au moment où la saison touristique se prépare… Mais même concernant l’alimentaire, il y a déjà moins de trafic, car les restaurants sont fermés, et ne nous demandent donc pas de transporter leurs commandes. Au final, les changements seront principalement ressentis par les professionnels.

Dans les jours qui viennent, sur quelle priorité les salariés de la gare maritime devront-ils porter leurs efforts ?

Notre priorité est d’assurer la continuité de la vie insulaire, et d’être le partenaire public qui va permettre que les nécessités vitales soient assurées. La seule inquiétude qu’on aurait serait que nos effectifs soient touchés. Concernant les personnels à terre, nous sommes environ une trentaine de salariés. Et parmi eux, 8 personnes se consacrent actuellement à la centrale d’appels, qui gère les réservations aussi pour Groix, Houat et Hoëdic, et se trouve ici, dans notre gare maritime de Belle-Île. Hier, nous avons bloqué les réservations, car nous savions que les liaisons allaient être réduites. Et maintenant, nous devons rappeler tous nos clients un par un.

Concrètement, aujourd’hui, quelqu’un qui voudrait venir à Belle-Île ne peut donc pas réserver ?

Nous faisons des listes d’attente. Mais dans l’autre sens, de Belle-Île vers Quiberon, il est facile d’avoir une place, au moins en piéton. D’autant que l’on voit que les gens commencent à bien respecter les consignes de confinement, vu que plusieurs personnes qui avaient réservé une place véhicule vers Quiberon ne se sont finalement pas présenté. Quoi qu’il en soit, bien que notre rôle ne soit pas de contrôler que les gens qui appellent pour réserver ont réellement un bon motif pour se déplacer, les services de l’Etat et la gendarmerie pourront très bien être présents à l’embarquement.

17/03/2020

 

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