La Une Portraits Vival. A Sauzon, en 1968, une supérette a poussé dans le jardin de la mère Thom

Vival. A Sauzon, en 1968, une supérette a poussé dans le jardin de la mère Thom

par SRG Salaun
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Ce portrait en accès libre est offert par Vival, annonceur de Belle-Ile en diagonales

La supérette de Florence Le Doux, tout juste avant la place de l’Eglise, à Sauzon, personne ne peut la manquer. Véritable carrefour, la maison a même permis que les parents de Florence se rencontrent ! Aujourd’hui encore adresse incontournable de la commune, le magasin actuel est toujours celui des descendants des «filles Servo» et de la «mère Thom», et un point de rendez-vous pour les producteurs locaux.

Pour trouver des origines « exotiques » à Florence Le Doux, qui tient l’épicerie Vival de Sauzon, il faut remonter jusqu’aux années 1870, quand un ancêtre maternel Corse était arrivé à Belle-île en garnison à la Citadelle. Le militaire se maria alors à une belliloise, ils vécurent heureux…et eurent beaucoup d’enfants sauzonnais.

La supérette Vival de Florence Le Doux, qui a été construite à l’emplacement de l’ancien jardin familial, est reliée par des couloirs à la maison qui abrite encore aujourd’hui son appartement et celui de sa mère Anne-Marie.

« Mon père est de Port Salio. Mais quand il a rencontré ma mère à l’époque où elle tenait l’épicerie et qu’il était chauffeur de car pour la Compagnie des cars bleus, il s’est aussi installé à Sauzon, explique Florence Le Doux. Depuis plusieurs générations on a tous habité et travaillé dans la même maison ». « La maison » dont parle Florence Le Doux, qui jouxte la supérette, rue du Chemin nef, c’est l’adresse où a été créée la première épicerie de la famille, dans les années 1930.

Une « ruche » sur 2 étages

Aux étages supérieurs, toutes les générations cohabitaient, circulant comme dans une ruche à travers des systèmes de portes et couloirs qui reliaient aussi bien les 2 réserves de la boutique, dont l’une était située à l’étage, que la maison à la boucherie voisine, également propriété d’un frère de Madeleine Thomas, la grand-mère de Florence Le Doux.

Anne-Marie Le Doux, pour qui « la mère Thom » avait construit une supérette moderne en 1968, a finalement transmis ce commerce à sa fille Florence pour s’installer quelques mètres plus loin dans une maison de la presse.

Mais en 1968, c’est la révolution ! Pour sa fille Anne-Marie, qui est encore au cours ménager dirigé par les religieuses et promis à la fermeture, Madeleine Thomas a une idée : elle décide de construire, à l’emplacement du jardin de la maison, qui est fermé par un grand mur en pierre donnant sur la rue, un magasin moderne d’ « alimentation générale ».

Au mois de juin de la même année, c’est chose faite. L’ancien « petit bouiboui » de la mère Thom devient donc une simple réserve, et mère et fille travaillent ensemble dans leur commerce flambant neuf.

Les débuts de Florence Le Doux

Une nouvelle ère commence, où on ne se contente plus d’apprendre sur le tas : Florence Le Doux, qui a fait ses premières saisons au magasin dès ses 14 ans, décroche en 1997 un BTS d’action commerciale à Lorient.

« Toute petite déjà, quand on m’a demandé d’écrire sur un bout de papier ce que je voudrais faire, j’ai mis commerçante, se rappelle Florence Le Doux. Dès que j’ai eu mon diplôme, je suis revenue travailler avec grand-mère et maman. Puis ma grand-mère a fini par arrêter, et ma mère a ouvert une maison de la presse, qui se trouve maintenant à deux pas du magasin ».

Mais au début des années 2000, la supérette de Florence Le Doux connaît quelques difficultés d’approvisionnement: le système des enseignes se développant rapidement, les grossistes ne se sont pas encore adaptés à la nouvelle configuration, et fournissent en priorité les clients plus « importants ».

Le passage à Vival

En 2002, Florence Le Doux prend donc la décision de passer sous l’enseigne Vival.

Dans sa supérette Vival, Florence Le Doux consacre un présentoir aux producteurs locaux.

« On nous a dit qu’on avait été mangé par Casino alors que je ne l’ai pas vécu comme ça, explique-t-elle. Être une franchise, ça veut dire qu’on bénéficie de services. C’est vrai qu’on doit jouer le jeu d’acheter au maximum chez eux et qu’environ 80% de ma marchandise est Casino. Mais je ne me sens pas moins indépendante que si j’achetais tout chez Métro ».

D’autant que dans l’épicerie de Florence Le Doux, les producteurs locaux ont toute leur place. Et si elle s’amuse de vendre aujourd’hui du quinoa alors que sa grand-mère vendait des sabots, la commerçante sauzonnaise n’en démord pas : entre le temps où on vendait du café en vrac et du lait à la louche et notre époque très préoccupée par la lutte contre les déchets et le gaspillage, « on n’a rien inventé ».

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Supérette Vival. Rue du Chemin neuf (Sauzon). 02.97.31.63.34

-Hors saison: du lundi au samedi, 08h30-12h30 et 15h30-19h30; dimanche, 08h30-12h30.

-Juillet/août: tous les jours, 08h-20h.

Produits locaux en vente : Crème et lait de la ferme Caro de Pavillon; fromage de chèvre de la ferme de Fonténégo; fromage lait de vache de la fromagerie Pilou; terrines d’agneau, plats cuisinés et fromage de brebis de la ferme de Goélan; terrines et charcuterie de Cédric Maziller; légumes des fermes de Parlevant et Borfloc’h; liqueurs d’Olivier Ferrando; bière la Morgat; whisky Kaerilis; confitures de La Belle idée; biscuits La Bien nommée

30/03/2019

 

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